Il y a 6 mois, je me demandais si Nadal était un joueur fini. Bien évidemment, j’avais faux sur toute la ligne. Le majorquin a remporté les 3 derniers tournois du Grand Chelem et son premier US Open hier soir, au prix d’un match remarquable en finale contre Novak Djokovic (6/4, 5/7, 6/4, 6/2).
Rafael Nadal a gagné son premier US Open et son 9 ème titre du grand chelem à 24 ans grâce à deux qualités qui sont la base d’un grand champion : le caractère et le talent. Car le majorquin, la nuit dernière, n’a pas seulement donné la preuve de son immense courage face à un Djokovic terriblement opiniâtre puisqu’il sauva la bagatelle de 18 balles de break sur 22. Nous avons vu en finale un Nadal en net progrès dans plusieurs compartiments du jeu. C’est une formidable leçon d’humilité car, à 24 ans, et malgré sa position au sommet du tennis mondial, Nadal continue à chercher à s’améliorer. Bien des joueurs français que je ne citerai pas feraient bien de s’en inspirer.
En gagnant enfin à New York le seul tournoi du grand chelem qui manquait à son palmarès, Rafa a dorénavant fini sa mutation du joueur exclusif de terre battue qu’il était au début de sa carrière à un joueur tout-terrain, capable de s’imposer sur toutes les surfaces. Cette mutation s’est faite en partenariat avec son oncle, Toni Nadal, au prix d’une évolution lente et réfléchie, freinée par des problèmes physiques qui semblent maintenant derrière lui, mais qui est surtout le résultat d’une approche méthodique. Nadal n’a peut-être pas le talent inné d’un Federer. Mais il a aujourd’hui largement dépassé le maître.
Qu’avons-nous vu pendant cette quinzaine de l’US Open ? Un Nadal frappant de grands coups droit à plat que n’aurait pas renié un Del Potro, une détermination sans faille à jouer à l’intérieur ou près de la ligne de fond de court, un revers slicé, certes peu esthétique mais capable de casser le rythme des joueurs aux revers à deux mains et aussi ce jeu à la volée que Nadal maîtrise avec une telle agilité que John Mc Enroe s’est plusieurs fois enthousiasmé en direct à la télé américaine. Mais j’allais oublier le principal : la grande découverte de cet US Open 2010, c’est ce nouveau service du majorquin, capable de balancer des aces et des services gagnants à plus de 210 km/h. Autrefois une faiblesse, le service de Nadal est devenu une vraie arme ces quinze derniers jours. Et il montre la capacité incroyable du champion espagnol à faire évoluer aussi rapidement un coup crucial du tennis. Car ce nouveau service n’a été adopté par l’espagnol que quelques jours avant l’US Open. Avec son oncle, ils décidèrent d’opter pour une prise de grip un peu moins fermé tout en changeant légèrement le positionnement de ses pieds au moment de service. Un peu moins de sûreté pour 20 km/h de plus en vitesse pure.
Pendant cet US Open, en 7 rencontres, Nadal n’a perdu que 5 fois son service dont 3 fois en finale face au meilleur retourneur au monde. Pour mesurer l’importance de ce coup dans le succès de Rafa cette nuit, revenons sur un instant clé du match : Nadal mène 5-4 au 3ème set, il est mené 15-30 sur son service. Tel un Sampras ou un Federer des grands soirs, il sert alors un ace et deux services gagnants pour conclure le set et dégouter un peu plus un Djokovic médusé. Nadal le reconnaitra plus tard, en conférence de presse : il n’avait jamais connu une telle réussite au service de toute sa carrière.
Il est donc impossible aujourd’hui de savoir jusqu’où le majorquin va s’arrêter. Sans pépin physique, il est capable de battre tous les records, même celui de Federer (16 grands chelems). En constante progression, le numéro 1 mondial ne se fixe aucune limite. Il n’est pas sevré de tennis comme Borg l’était à son âge. Et son désir d’apprendre et de surprendre est toujours là. J’ai l’impression que nous n’avons pas encore tout vu et c’est tant mieux pour les passionnés de tennis…
A mon grand regret,je n’ai pas suivi cet US Open…Bien qu’étant fan de Federer à la base,j’apprecie beaucoup Rafa et je suis ravie de sa victoire! il a beaucoup progressé et comme vous je pense que ce n’est pas fini…Par ailleurs,pour l’anecdote,j’ai pu l’approcher l’année dernière au Masters de Bercy;il est tellement simple et abordable!
Une anecdote concernant RAFA. J’étais au hub de Munich en Août 2005, en attente pour un vol transatlantique. Je suis avec mon sac de raquettes pour passer la machine à scanner. Juste devant, 2 grands gaillards en tenue de tennis avec plusieurs sacs de raquettes Babolat. Je reconnais très vite le premier: il s’agit de Carlos Moya. Je me permets de plaisanter avec lui sur le volume de ses bagages et nous engageons la conversation sur son prochain tournoi: il part à Montreal jouer un tournoi ATP, sa saison n’a pas été bonne, il espère pouvoir se refaire une santé. Ce n’est qu’au bout de quelques instants que je réalise que le jeune homme qui sautille juste à côté de nous et qui ne semble pas tenir en place n’est autre que… Rafa! Il a 19 ans et vient juste de remporter son premier RG. Lorsque je le reconnais, je le félicite pour sa victoire à RG et lui souhaite bonne chance pour Montréal. Hasard du tirage au sort, les 2 compères qui voyagent seuls et sans leurs entraîneurs (Moya a été en quelque sorte le grand frère de Rafa au début de sa carrière) doivent se rencontrer au 1er tour à Montréal. On plaisante sur le sujet, m’autorise d’autres ” buena suerte” avant de me diriger vers mon avion. 10 mn plus tard, je vois RAFA au pas de course dans l’allée du terminal, sûrement une manière de se décrasser avant un vol de 8 h. C’était marrant à voir. Il m’a fait l’effet d’un jeune homme sain et vraiment sportif, qui ne semble pas tenir en place.
Le plus incroyable, c’est que Rafa est le seul grand joueur du tennis moderne que je n’ai jamais vu jouer, que ce soit en match ou à l’entraînement alors que j’ai écumé pas mal de tournois (RG, Bercy mais aussi toute la tournée américaine sur dur). Cela reste pour le moment un grand regret.
Monsieur,
Il est dommage que vous n’ayez pas assisté à un match de Rafael Nadal car il est très spectaculaire et projette un charisme énorme sur un court de tennis. Il me semble que le prochain tournoi de Bercy devrait nous valoir une sacrée opposition de style avec Roger Federer.
Merci beaucoup Mr Marechal pour ce sympathique témoignage! je connais Carlos Moya,mais j’avoue qu’à l’époque je ne suivais pas encore le tennis (cela a commencé à réellement m’interesser il y a 4 ans seulement)…L’an dernier à Bercy a été un grand moment;à la base j’étais venue voir Roger,mais il était dejà éliminé le jour ou j’y étais.Un peu déçue au départ,j’ai vite oublié cela;voir Rafa a été un vrai plaisir,ainsi que d’autres,j’aime bien Tommy Robredo aussi. Je les ai vus sortir Porte 32 ,ils sont assez abordables dans l’ensemble;dommage que je sois trop timide pour discuter lol en plus je ne maitrise pas assez bien l’espagnol
dommage il n’y aura pas eu Rafa cette année à Bercy… j’y suis allée hier soir et j’ai quand même pu suivre avec grand plaisir le match de Federer,et faire une photo avec lui après