Publié par : anthonymarechal | novembre 17, 2008

Le journalisme, grand perdant de l’élection d’Obama

Peut-on croire encore au journalisme aux Etats-Unis? On pensait avoir tout vu pendant la campagne des primaires démocrates lorsque Hillary Clinton avait été mise sur un bûcher par l’ensemble des médias américains. Mais depuis la victoire d’Obama aux élections présidentielles, les médias s’enfoncent de jour en jour dans les superlatifs les plus éprouvés.

Un tel aveuglement des médias américains est du jamais vu, même sous l’ère Kennedy. Depuis le 4 Novembre, il ne se passe pas un jour sans qu’ Obama soit décrit comme le messie tant attendu par une nation, que dis-je par une planète entière! NBC News vient d’annoncer la sortie d’un DVD sur le nouveau président qui s’appelera modestement: “Yes, we can!”. ABC et USA Today annoncent le même jour la sortie d’un livre-photo sur la campagne victorieuse du nouveau président. Quand à la chaîne HBO, c’est un documentaire sur la vie d’Obama qui devrait voir le jour d’ici quelques semaines.

Le très convenable hebdomadaire Newsweek est également atteint d’Obamania avec en couverture le portrait statufié d’Obama avec le titre suivant: “Obama, le rêve américain.” Depuis 10 jours, le premier président noir des Etats-Unis se vend comme un vulgaire paquet de lessive. Le magazine People titre: “la nouvelle vie d’Obama” mettant en avant le nouveau chien de la famille. US Weekly n’est pas en reste: “Obama, le papa gateau!” Quand au Chicago Tribune, il perd tout sens de la raison: “Michelle Obama, la nouvelle Jackie Kennedy!” Rien que ça!

Bref, Obama est le nouvel héros américain, un croisé d’ “Iron Man” et de “Superman” comme le confirme le pourtant modéré “New York Times ” avec ce titre empreint de modestie: “la génération Obama!” On a vraiment l’impression que chaque journal, chaque magazine s’est lancé dans une course au sensationnel. Doit-on donner la palme de l’originalité au New York Magazine dont l”imagination sans borne lui fait titrer: “Obamaism, c’est maintenant notre religion!”

N’est-ce pas justement aux médias d’avoir les pieds sur terre et la distance nécessaire pour informer avec objectivité l’évènement qui vient de se produire? Le plus grand perdant de cette élection n’est pas John Mc Cain ni la gourde de Sarah Palin: ce sont les médias américains qui se ridiculisent de jour en jour dans cette adulation d’un nouveau président qu’on connait fort peu finalement. Alors que les Etats-Unis sont confrontés à deux guerres, une grave crise financière et que les gens se retrouvent à la rue, est-ce le moment pour les médias de perdre tout sens de l’analyse?

Il est normal qu’une certaine excitation règne lors de la nomination d’un nouveau président. Surtout après 8 années passées avec cet abruti de Georges W. Bush. Mais Obama ne pourra pas continuer indéfiniment à marcher sur l’eau. Les gens vont finir pas se lasser de cette béatification. Et à partir du 20 Janvier 2008, il sera temps de revenir à la dure réalité actuelle…


Réponses

  1. lol le gros rageux, qui a toujours pas digéré la défaite de sa petite Hillary, qui bien évidemment a perd a cause des médias, mais pas à cause d’Obama ou d’une mauvaise stratégie de campagne . Bien sur les médias en font trop, comme à chaque fois, mais ils seront les premiers à “descendre” Obama à la moindre occasion en France, on en avait eu un petit aperçu avec l’affaire du révérand Wright durant le mois de Mars, où la presse s’était déchaînée .ILest quand même triste que le seul mot que vous ayez à dire sur cette électon est la dénonciation des médias

  2. hahahahahhahahah !
    t ‘es faché ? parce qu’Obama est president !
    pour faire du neuf il faut se donner le droit à l’erreur

    Obama ne connaissait rien en termes de campagne présidentiel mais a surpassé les clintons qui était plus expérimentés par des stratégies innovatrices

    bon cou-rage

  3. Bonsoir M. Marechal,

    Je viens de publier un lien vers votre article sur notre Observatoire du journalisme : ProjetJ.ca (dans la section Agora).

    Je trouvais vos propos lucides et rafraîchissants.

    Nous sommes toujours à la recherche de plumes, formées en journalisme de préférence – tel est votre cas, d’après ce que j’ai pu constater.

    Bonne soirée,

    Frédéric Bruneau, éditeur web.

  4. Vision très réductrice de la campagne présidentielle américaine. Réduire la défaite d’Hillary Clinton (dont j’étais moi même partisan) à un lynchage en règle de la presse est totalement exagéré et en dehors de toute réalité. Les médias ont été acerbes certes mais tous les candidats en ont eu pour leur grade (Obama et Wright, Mc Cain et ses maisons, etc.). C’est une tradition dans la presse américaine qui n’hésite pas à publier tous les dossiers sensibles des candidats estimant que pour choisir le président des Etats-Unis, il faut tout savoir des candidats.

    Non si Hillary a perdu, c’est tout d’abord pour sa très mauvaise campagne et ses déclarations plus qu’hasardeuses, notamment vis-à-vis d’Obama. Elle a elle-même contribué à l’irrésistible ascension du sénateur de l’Illinois malgré elle. Sans oublier son soutien à la guerre en Irak qui a joué contre elle tout au long de sa campagne.

    De plus, s’étonner de l’intérêt de la presse nationale et internationale pour l’élection d’Obama est pour le moins surprenant. Bien qu’évidemment la couleur du nouveau président ne fait pas de lui un président de rupture en terme de politique, on ne peut nier qu’il représente une rupture historique dans un pays où la ségrégation raciale et les mouvements de lutte ont pris une ampleur considérable ces dernières décennies. Il est donc bien normal que tous les journaux du monde entiers s’intéressent à cette fantastique révolution dans un pays où le racisme est pourtant encore présent, seulement l’Europe moralisatrice que nous sommes se rend compte avec surprise que les Etats-Unis retiennent plus rapidement les leçons de l’Histoire que nous …

  5. je pense au stade où on est, on peut conceder l’erreur au journalisme americain. ce qui est sûr et certain, ils finiront par faire sa fête à OBAMA quand il leur donnera l’occasion. la situation planetaire actuelle ne peut exempter OBAMA des critiques pour longtemps donc patience.
    je crois que la stratégie est bonne. redonner de l’espoir aux américains comme ça OBAMA aura une marche de manoeuvre pour essayer de sauver la situation. ça ne sert vraiment à rien de blamer la presse americaine car elle reposera bientôt ses peids sur terre.

  6. [...] http://anthonymarechal.wordpress.com/2008/11/17/le-journalisme-grand-perdant-de-lelection-dobama/ [...]

  7. Bof, redonner de l’elan et de l’espoir au plus fort de la crise ce n’est certainement pas mauvais.
    Et le journalisme critique, ca fait LONGTEMPS qu’il est mort aux US… Cfr. les elections et diverses conneries de W, plus le foin fait pour cette malheureuse histoire de pantalonnade de Clinton…

    Donc pas de quoi fouetter un chat…

  8. Bush a vidé le pays et il continue à le faire ce salaud,imaginez que les 700 milliards pour sauver l’économie la moitié s’est déjà évapoler (400 milliards) et l’amérique cherche ben laden ,c’est Bush Ben Laden…………..Obama a fait déjà son travail il a gagné et n’a pas permis 8 ans de plus des Bush Mc Cain.
    quant à Hillary elle a eu la chance de ne pas croiser des républicains elle allait se faire humilier et pleurer comme un enfant .La victoire de Mr Obama a coute 600 millions et il a su les chercher dans un laps de temps bravo et dites moi où Hillary allait trouvé une telle somme pour lutter contre Mc Cain ,heureusement aussi que Obama a refusé des fonds publiques et maintenant au travail tout le monde pour sauver l’économie cette fois il n’ ya pas des perdants et des gagnants ils faut travailler ensemble.Dans un pays où il n’ a pas d’assurance maladie pour avoir d’antidepresseur je pense que les histoires sur Obama sont des médicaments antidepresseur ça soulage tout le monde tant mieux

  9. Vous avez totalement raison. Mieux vaut vivre dans un pays où les journaux ont commencé à remettre en question la légitimité d’Obama deux jours à peine après son élection comme j’ai pu le voir dans de nombreux articles français.

    Vous ne semblez pas prendre la mesure du symbole que représente Obama aux yeux non seulement des afro-américains, mais de tous les américains, et plus largement, de tous les gens sur cette planète qui ont encore envie et surtout besoin de rêver, de croire à un monde meilleur.

    Les journaux américains ont beaucoup de mal avec l’objectivité il est vrai, mais je ne me rappelle pas avoir vu un tel engouement et une telle euphorie pour George Bush junior ou senior, ni pour Clinton, ni pour Reagan. La raison pour laquelle les Etats-Unis baignent encore dans cette euphorie c’est parce qu’en une nuit, ils sont redevenus ce qu’ils ont longtemps été et qu’ils n’étaient plus depuis longtemps: une nation de rêveurs où tout est possible et ou tout, encore une fois, se passe avant que ça se passe dans le reste du monde.

    Cette jeune nation dont le passé tout récent parle de ségrégation a élu un noir à la Maison Blanche.
    Cette nation qui a réélu (oui parce que “élu” je ne sais pas) George W. Bush, un homme petit dans tous les sens du terme, qui a défendu des valeurs si moches et si médiocres et qui les a maintenus dans un état de peur pendant 8 ans, vient d’élire un homme charismatique, intelligent, intègre, à l’aura positive, et qui les rassure.

    Obama est soutenu par 99% de la planète, le réalisez-vous seulement? C’est historique, c’est énorme, c’est magique. Et cet homme là est américain, est-ce que ça ne leur donne pas le droit d’être fiers? Ne serait-ce que pour le principe de ce qui vient de se passer?

    La réalité du mandat d’Obama, on verra ça plus tard. Ce qui compte aujourd’hui, c’est qu’avec son élection, le monde est passé dans un accélérateur à particules et se retrouve aujourd’hui être un monde où ÇA, c’est possible.

    Il y a un avant et un après Obama. Un tel symbole est exceptionnel. Comment ne pas le souligner de façon exceptionnelle? Pourquoi vouloir réduire cet événement à un mouvement à la surface de l’eau alors que c’est un véritable tsunami?

    Laissez-donc les gens être heureux. Les journalistes américains sont pour une fois porteurs d’un message d’espoir, et après la période que le monde vient de vivre ces dernières années, je crois que tout le monde a besoin ça, et particulièrement le peuple américain.

  10. Euphorie… OK mais pas que, rappellons que les journalistes doivent informer mais aussi faire vendre leurs éditions, et qui est ce qui fait vendre en ce moment…? Mais je suis d’accord qu’il y en a qui abusent avec leurs comparaisons..

    Mais les journalistes ne font ni plus ni moins que profiter du phénomène. Et puis si la critique faisait vendre, ils ne se gèneraient pas je pense (ref Hilary Clinton), le problème est qu’il est difficile de critiquer la personne et de toute façon ça serait tomber dans l’excès inverse. Revenons donc sur “what the american people care about, the economic policy, the healthcare system…” [B.OBAMA]

    Saluons donc le journalisme “online”, pas toujours tendre et qui se régalent déjà sur les spéculations concernant les premières décisions que va prendre le nouveau président Américain avec interventions de spécialistes pour analyser les positions prises.

    Preuve encore une fois qu’il faut aussi s’appuyer sur la presse en ligne, très souvent gratuite, tout aussi intéressante et moins soumise aux éxigences économiques. Il reste des journalistes “qui ont les pieds sur terre”.

    Obama fait vendre du Papier et continue de faire couler de l’encre, vous devriez plutôt en être reconnaissant,laisser de côté les blessures de la campagne et soutenir les actions pour…wait for it… Change

  11. C’est vrai que lorsque l’on est dans la merde jusqu’au cou on raconte n’importe quoi:
    Les media américains depuis longtemps aux ordres de Bush (qui n’est pas l’abruti que l’on nous décrit), comme en france, nos chers “journalistes” sont des soutiens du pouvoir en place (sarkozy) quel qu’il soit et sont déplorables…
    En tous cas bonne chance à Obama et à son équipe (Clinton: n’en déplaise à tous les misogynes ici présents, elle le soutiendra certainement efficacement). En parlant de misogynie, d’ailleurs, je n’aime pas Palin, mais je pense que c’est tout sauf une gourde…


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