L’été approchant, voici une nouvelle sans aucune prétention, racontant les pérégrinations d’un trentenaire français au coeur du San Francisco des années 90. Cette nouvelle sera découpée en plusieurs chapitres que je vous invite à suivre tout au long de l’été. Voici le chapitre III. (voir le chapitre précédent)
Mercredi 22 Juin.
Alexandre est réveillé en fanfare par le vacarme ahurissant organisé par ses co-locataires brésiliens dans la salle à manger. Il ouvre la porte de sa chambre et découvre le spectacle des amis de ses colocs partis dans une farandole endiablée sous fond de Daniela Mercury. Ils sont tous drapés du maillot jaune de la sélection brésilienne. Au même moment, le téléphone sonne, c’est la mère d’Alex :
« Allo Maman, quoi ? je t’entend pas ? Si je vais en cours ? Bien sûr, maman, non maman je fais pas la fête tous les soirs mais… allo , je t’entend mal, allo ? Merde, fais chier ça a raccroché ! Putain, vivement que le Brésil soit éliminé ! Fernando !!!!!!!!!!!! »
Fernando, l’un des colocs est dans la cuisine en train de faire brûler sa casserole pleine de riz. Alex le prend à parti : « Putain, jusqu’à quand ils vont rester ici tes potes ? » « Bah, jusqu’à la finale », lui répond goguenard Fernando qui ajoute :
« au fait, tu viens avec nous à Stanford pour voir Brésil-Cameroun ? »
- « Bah non, y a cours cet après-midi Fernando ! Tu n’y vas pas ? »
- « Sûrement pas, le foot c’est plus important ! » Et Fernando qui se met à scander : « Brasil, Brasil !!!!!! »
L’université d’Hayward. C’est le 3ème jour des cours pour Stéphane qui retrouve dans sa classe une dizaine d’autres étudiants étrangers. Parmi eux, il y a Megumi, la japonaise punk aux cheveux rouges fan d’Heavy Metal, Hashmat, mécanicien afghan travaillant illégalement aux USA et qui prend des cours à l’université en espérant régulariser sa situation, Jean le suisse qui soupire lorsqu’il parle, Antonio l’italien à l’accent inimitable qui prononce « Incredible » dans toutes ses phrases en anglais, Yannis français d’origine grec dont le niveau d’anglais est aussi élevé qu’un perroquet ouzbek et Alex, français tout comme Stéphane. En 3 jours ? Stéphane s’est fait très discret en classe tandis que le professeur est plutôt catastrophé par le niveau lamentable de ses élèves.
A la sortie du cours, Antonio, Alex et Yannis parlent en français de leur sujet de discussion favori, la coupe du monde de foot. Stéphane les interrompt à la grande surprise d’Alex qui ignorait qu’il était français. Il demande à Stéphane pourquoi il était resté en retrait jusque là. Celui-ci répond énigmatique, le regard fixé sur son interlocuteur : « parce que je suis un étranger parmi les étrangers. » Il offre une cigarette à Alex qui, séduit par ce personnage bien mystérieux, lui propose de se joindre à l’équipe de foot des étudiants étrangers qu’il a fondé avec Antonio.
Les 2 hommes se baladent dans l’université et font davantage connaissance. Stéphane explique brièvement sa situation, son désir d’effectuer un master pour rester vivre aux USA. Diplômé en journalisme, Alex étudie depuis déjà 3 mois. Il suit encore des cours d’anglais car, comme il l’avoue, « il est trop nul ». Il prévient Stéphane que tous les français ici sont des camés et des paumés. « Tout le monde est là pour glander au bord de la piscine en fumant du shit ! » Alex, contrairement à Stéphane, n’habite pas à San Francisco. Il a choisi de rester à Hayward, près du campus. Il partage un appartement avec 2 brésiliens et une brésilienne. Stéphane, en plaisantant, lui implore de faire connaissance avec sa colocataire. « T’es pas assez bôgosse pour elle, mon gars » lui répond Alex. Stéphane sourit et tire sur sa cigarette.
San Francisco, fin de l’après-midi.
De retour de l’université, Stéphane se rend dans le quartier français. En face de l’entrée de Chinatown se trouve « Le Café de la presse ». Stéphane pénètre à l’intérieur pour y acheter un quotidien français puis s’assied à une table et ordonne un café. Intrigué par l’accent du serveur, il lui demande sa nationalité : il est zaïrois et s’appelle Didier. Il est le fils de l’ancien ambassadeur du Zaïre en Italie et suite aux multiples coups d’états, sa famille est en exil. Etonné de le voir travailler, Didier explique que c’est pour subvenir à ses études car il est également étudiant à l’université d’Hayward en « anatomie humaine ». Ami d’Alex, il s’auto attribue une réputation de play-boy qu’il partage avec Alex. Il habite à Wimbledon Woods, un resort 4 étoiles avec piscine et jacuzzi situé pas loin du campus où habite la majorité des étudiants fortunés. Il invite Stéphane le soir même à la soirée qu’il organise chez lui pour l’anniversaire de sa copine japonaise, Sachiko.
[...] A suivre… [...]
Par Un été à San Francisco - Chapitre II « Le blog d’Anthony Marechal le juin 12, 2008
à 10:06
[...] Un été à San Francisco- Chapitre IV L’été approchant, voici une nouvelle sans aucune prétention, racontant les pérégrinations d’un trentenaire français au coeur du San Francisco des années 90. Cette nouvelle sera découpée en plusieurs chapitres que je vous invite à suivre tout au long de l’été. Voici le chapitre IV. (voir le chapitre précédent) [...]
Par Un été à San Francisco- Chapitre IV « Le blog d’Anthony Marechal le juin 13, 2008
à 10:24