Publié par : anthonymarechal | juin 2, 2008

Le Brésil, nouvel eldorado pour les financiers ?

La crise financière qui touche les banques américaines et européennes a coûté plus de dix milliers d’emplois des deux côtés de l’Amérique. Même le Japon est touché. La semaine dernière, un ami trader à la bourse de Tokyo s’est fait remercié du jour au lendemain par la banque HSBC.

Du coup, les banques occidentales semblent se tourner vers les marchés emergents, à savoir l’Inde, le Moyen-Orient ou la Chine. Dernièrement, un article du Times résumait bien la situation du secteur financier au niveau mondial: Dubai, Mumbai, Shanghai ou… Goodbye! L’article citait un chasseur de têtes, expliquant une hausse annuelle de 25% des banquiers quittant l’occident pour ces nouveaux marchés ces deux dernières années. Pourtant, il semblerait qu’un autre marché soit prêt à jouer les premiers rôles au niveau financier: il s’agit du Brésil et plus particulièrement de la bourse de Sao Paulo.

Cette ville de 20 millions d’habitants n’a rien à envier à Manhattan avec ces grattes-ciels et ce quartier financier où l’on trouve sur plusieurs avenues des banques, des compagnies d’assurances, des maisons de courtage, des consultants et des avocats spécialisés dans la finance. Ces gens sont, comme les new-yorkais, obsédés par l’argent et ont la même obsession de réussir que leurs ancêtres quand ils arrivèrent d’Europe, du Moyen-orient ou du Japon il y a plusieurs générations. Aujourd’hui, Sao Paulo est clairement la capitale économique de l’amérique latine. L’industrie y est florissante à tel point que bon nombre d’entreprises basés sur place exportent leurs voitures, leurs avions mais aussi l’aluminium, l’acier et d’autres produits manufacturés et autres services indispensables à d’autres pays.

Certes, quand on parle de voiture ou d’avion, ce sont souvent des entreprises étrangères qui ont réussi un tel développement mais c’est aussi grâce à une main d’oeuvre bon marché et efficace. Le Brésil n’est plus ce pays du début des années 90 rongé par l’hyperinflation et une dette extérieure colossale. Aujourd’hui, le géant de la boisson basé à Sao Paulo, Inbev, rachète des entreprises à l’étranger. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Inbev est sur le point de faire une offre d’achat pour l’américain Budweiser.

La situation économique prospère du Brésil aide grandement des entreprises américaines, en particulier dans le milieu de la finance, à se refaire une santé. Les sociétés étrangères basées au Brésil ont réalisé plus de 12 milliards de profits cumulés entre Janvier et Avril 2007. La moitié de ce chiffre a contribué à renflouer des banques en difficulté aux Etats-Unis, à Londres mais aussi en France.

Ville dynamique, Sao Paulo compte 20 millions d’habitants, soit un marché énorme. Un eldorado potentiel pour tout financier avec des dizaine de milliers de portefeuilles de clients et des millions de gens ayant besoin de services passant du prêt pour l’achat d’une maison ou d’une voiture à un conseil sur un placement.

Petrobras, le géant de l’énergie, et première entreprise du pays, se classe à la 6ème place au niveau mondial en terme de capitalisation. Rien que l’an dernier, plus d’une dizaine de banques de taille moyenne ont fait leur entrée à la bourse de Sao Paulo. Ce boom financier signifie la création de plusieurs milliers d’emplois: banquier, trader, analyste financier, consultant ou conseiller fiscal. A Wall Street ou à la City, les temps sont dures. Alors, pourquoi pas le Brésil? Le portugais n’est pas si difficile à apprendre…

 

 

 

 

 


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