Toujours parmi les favoris mais régulièrement décevant: une fois de plus, on attend beaucoup de la sélection espagnole à l’Euro 2008. Le premier tour s’annonce plutôt facile mais les espagnols auront-ils les nerfs pour aller au bout ?
L’Espagne ne compte qu’un seul trophée au niveau international. C’était en 1964 lorsque la sélection espagnole remporta à domicile le championnat d’europe des nations. Depuis, les espagnols n’ont franchi les demi-finales qu’à une seule reprise en 1984 lorsque les partenaires d’Arconada furent crucifiés en finale face à la bande à Platini (0-2).
Pour cet Euro qui va débuter dans moins de 5 jours en Suisse et en Autriche, la sélection du controversé Luis Aragonès se présente comme le grand favori de la compétition en compagnie de l’Allemagne. La pression va donc être immense autour de cette équipe. 4ème au classement FIFA, l’Espagne compte aujourd’hui plusieurs joyaux qui font rêver tous les grands clubs européens: tout d’abord le magnifique avant-centre Fernando Torrès, auteur d’une saison extraordinaire à Liverpool et dont l’élégance et le sens du but rappelle tout simplement Marco van Basten. Au milieu de terrain, on attend monts et merveilles de Fabregas, le jeune créateur d’Arsenal. En défense, Sergio Ramos est peut-être actuellement le meilleur défenseur d’Europe, capable de jouer sur le côté droit ou dans l’axe. Enfin, au poste de gardien, on ne présente plus Iker Casillas qui fait partie des 5 meilleurs portiers au monde.
Il faut cependant se rappeler de ce qui arriva à l’Espagne à l’Euro 2004 au Portugal. Après une victoire initiale face à la Russie, l’Espagne se contenta du nul face à la Grèce avant de perdre un match décisif face au Portugal. Eliminé dès la phase de poule à la différence de but, l’Equipe d’Espagne fut la grande déception de la compétition. Les choses n’allaient pas s’arranger deux ans plus tard lors de la coupe du monde en Espagne. Une compétion que les espagnols faillirent ne pas disputer puisqu’ils se qualifièrent difficilement lors d’un match de barrage face à la Slovaquie. En Allemagne, l’Espagne se qualifia aisement pour le 2ème tour en sortant d’ un groupe extrêmement faible (Ukraine, Tunisie, Arabie Saoudite) avant de craquer face à la France de Zidane en 1/8ème de finale (1-3).
Très critiqué, Luis Aragonès conserva son job pour qualifier l’Espagne à l’Euro 2008. Le début de la campagne de qualifications fut catastrophique avec deux défaites successives en Suède et en Irlande du Nord. Mais l’Espagne se sortit finalement de ce groupe avec facilité, terminant avec 8 points d’avance sur le 3ème, l’Irlande du Nord. Connu pour son tempérament bouillant et parfois excessif (on se souvient de ses propos déplacés sur Thierry Henry), Aragonès n’est pas un sentimental. La polémique fait toujours rage en Espagne concernant la non sélection de l’émblématique capitaine du Real Madrid, Raul, auteur de 18 buts cette saison et grand artisan du titre de champion d’Espagne du Real Madrid. Aragonès dispute de toute façon sa dernière compétition à la tête de l’Espagne puisqu’il sera remplacé dès la fin de l’Euro par Vicente Del Bosque.
Aragonès aura à sa disposition une équipe capable de produire du beau jeu et de faire le spectacle sur les pelouses suisses et autrichiennes. On ne sait toujours pas s’il osera aligner un duo d’attaque de feu Torrès-Villa ou s’il fera confiance à un milieu fourni et très technique (Senna-Xavi-Fabregas- Iniesta- Silva). Le plus surprenant, c’est que l’Espagne retrouve à l’Euro 2008 un groupe D quasi similaire à l’Euro 2004. A l’exception de la Suède, il s’agit des mêmes équipes (Grèce-Russie-Suède-Espagne). L’Espagne devrait se qualifier en toute logique. La Russie et la Suède ne font pas partie du gratin européen. Idem pour la Grèce, le tenant du titre, qui ne bénéficiera plus de l’effet de surprise.
Les deux premières équipes du groupe D rencontreront en quart de finale les deux premières du groupe C, le groupe de la mort. Autant dire que l’Espagne pourrait retrouver dès les quart de finale la France, son bourreau de la coupe du monde 2006 et de l’Euro 2000. Ou l’Italie, une nation qui ne réussit guère à l’Espagne (on se souvient notamment du but de Roberto Baggio à la dernière minute du quart de finale de la coupe du monde 94). Ou bien encore les Pays-Bas qui font figure d’épouvantails, avec plusieurs joueurs opérant dans la liga (Van Nistelrooy, Robben, Snejder).
Autant dire que le parcours jusqu’à la finale s’annonce semé d’embuche pour la sélection espagnole. Une sélection dont le dernier coup d’éclat dans une grande compétition remonte à une victoire au championnat d’Europe 84 face à l’Allemagne (1-0). A Fernando Torrès and co de prouver que cette nouvelle génération arrive à supporter la pression…
Cannavaro blessés. Peu importe, gagner la même Européens 2008
Par melandroweb le juin 4, 2008
à 9:20