Publié par : anthonymarechal | mai 21, 2008

L’organisation de Roland Garros m’énerve

 C’était la deuxième journée des qualifications à Roland Garros et l’occasion d’aller supporter ma copine Abigaïl Spears qui jouait aujourd’hui (non, ce n’est pas la sœur de Britney…) mais ce que j’ai retenu de cette journée porte d’Auteuil, c’est l’organisation défaillante de ce tournoi qui n’a de Grand Chelem que le nom.

 

Tout d’abord pour trouver l’entrée des qualifs, c’est le parcours du combattant. Après avoir été mal aiguillé et orienté vers différents postes de vente, je me suis retrouvé devant un guichet vendant des billets… pour la quinzaine. Encore 10 minutes de perdu avant de trouver le chemin de l’entrée des qualifs. 17 euros pour un adulte, ce n’est pas donné. C’est exactement le même prix que vous pouvez payer pour la finale du tournoi de Miami (certes pas un grand chelem mais un Masters Series quand même).

 

Mais la grande déception du jour est cette programmation bizarre qui a réservé pratiquement toute la journée au tableau féminin. Pour voir les premiers simples hommes de la journée, il fallait attendre 15H30. Heureusement, le match d’Abigaïl a pu faire un peu patienter. Elle a malheureusement perdue face à une belge. Il faut dire qu’à San Diego, son lieu de résidence, la terre battue est plutôt rare et son statut de 178 ème joueuse mondiale l’empêche d’intégrer les tournois de préparation à Roland Garros.

 

Comme nous étions mercredi, il y avait bien sûr beaucoup d’enfants et la petitesse des installations Porte d’Auteuil s’avère aujourd’hui criante. Comparé aux autres tournois du Grand Chelem, Roland Garros manque cruellement de superficie. Dans les allées, on est les uns sur les autres, il n’y a aucun espace où on peut se reposer et j’en suis venu, un comble, à regretter l’organisation de tournois mineurs comme à Las Vegas ou à Indian Wells. Dans ces tournois, il y a tellement d’espaces qu’on peut s’y perdre. Il y règne également une plus grande convivialité avec des généreux sponsors qui n’hésitent pas à quelques attentions généreuses envers les spectateurs (ah, les glaces Hagen daas d’Indian Wells distribuées gratuitement, cela change des 5 euros à débourser pour un bâtonnet à RG).

 

Aujourd’hui, j’ai été très choqué de voir le terrain du Suzanne Lenglen fermé au public. Parait-il un ordre de Monsieur Federer qui ne voulait pas voir sa concentration troubler à l’entraînement. Il me semble qu’il y a quelques années il était possible pour le jeune public français de voir de prêt les Sampras, Agassi et Guga Kuerten s’entraîner avant le début des internationaux. Là encore, on retire un espace de convivialité et il fallait voir cet après-midi ces 150 gamins courir vainement après Fédérer pour obtenir un autographe. Ces gamins étaient tellement déçus qu’ils ont eu l’impression d’avoir raté leur journée. Vraiment dommage. A Indian Wells, il est possible d’approcher de près les champions et si je me souviens bien, j’avais passé un bon quart d’heure à discuter au bord du court avec Larry Passos, l’entraîneur de Kuerten. On s’était d’ailleurs donné rendez-vous ici à Paris. Le problème, c’est que Guga s’entraînait aujourd’hui sur le central, fermé au public.

 

Ce que je n’ai pas compris non plus, ce sont ces gradins condamnés sur le court n°6 alors que des gens se battaient pour s’asseoir, faute de sièges libres. En me rendant sur le court n°16 pour voir un improbable Lopez-Lorenzi, impossible de rentrer, faute de places. Mais le pire se trouvait sur le court n°17 : plusieurs matchs des simple dames et simple messieurs se sont disputés aujourd’hui sans aucun spectateur puisque les organisateurs n’ont pas daigné y dresser des tribunes. C’est totalement indigne d’un tournoi du Grand Chelem. Afin de conforter mon opinion, un spectateur américain venant de Californie m’a avoué que Roland Garros était un tournoi encore plus bordélique que l’US Open, qui a pourtant une sale réputation ! Mon nouvel ami semblait d’ailleurs contrarié d’avoir payé 3,10 euros son quart de Vittel. Effectivement, ce n’est pas donné !

 

En conclusion, j’attends toujours que les belles promesses du président de la fédération française de tennis se concrétisent un jour. L’extension de Roland Garros était l’une des promesses électorales de Christian Bîmes. 15 ans après son élection, on attend encore que ça bouge. Il ne faudra pas être plus surpris que ça si Roland Garros perd un jour son statut de tournoi du Grand Chelem. Les dernières rumeurs venant du circuit parlent d’une éventuelle candidature de Madrid. Il est vrai que l’Espagne a l’avantage d’avoir le roi de la terre battue (Nadal), alors que nos petits français font en ce moment peine à voir. En ce qui me concerne, la défaite de Miss Spears achève également ma participation à ce Roland Garros 2008. Vivement Wimbledon…

 

 


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