Publié par : anthonymarechal | avril 22, 2008

La carrière d’Alonso sur la pente savonneuse

En affirmant qu’il n’était pas intéressé par les services du double champion du monde espagnol la saison prochaine, Luca Di Montezemolo,  le président de Ferrari, ferme les portes de la scudéria à Fernando Alonso. Comment le champion espagnol va t-il rebondir?

La saison 2008 d’Alonso et son retour chez Renault s’annoncent comme le fiasco de l’année. Non pas que le petit espagnol ait égaré en route son talent mais la faute à une voiture ratée, qui n’a même pas le potentiel pour être dans les 10 premières. Même si on attend du côté de la firme au losange de nouvelles améliorations pour le GP de Barcelone dimanche prochain, ce sera également le cas de tous les autres top teams qui dominent aujourd’hui le championnat. Autant dire qu’Alonso aura du mal à gagner un GP cette saison. Peut-être arrivera t-il avec un peu de chance et beaucoup de talent à accrocher un podium ici où là.

Alors, comme Alonso est d’un naturel impatient et que c’est un gagneur, il lorgnait déjà du côté de Ferrari après les deux premiers GP de la saison. Il est vrai que les prestations affligeantes de Felipe Massa en Australie et en Malaisie laissaient la porte entre-ouverte à un changement de pilote. Mais le brésilien a rassuré ses patrons en remportant le dernier GP de Bahrein. Quand à Luca Di Montezemolo, le patron de Ferrari, il ne veut pas d’Alonso l’an prochain: “Avoir un duo Raikkonen-Alonso serait dommageable pour l’écurie. Je veux deux pilotes de niveau égal qui travaillent ensemble.”

Des déclarations que je trouve personnellement consternante de la part d’un homme qui fut le petit protégé d’Enzo Ferrari dans les années 70. Montezemolo devrait se rappeler que la philosophie du “vieux” fut toujours de mettre les deux meilleurs pilotes dans les deux baquets de ces monoplaces. On se souvient des duels internes entre Lauda et Reutemann en 77, Villeneuve et Pironi en 82 et aussi celui d’Alain Prost et de Nigel Mansell en 90. A chaque fois, le spectacle fut au rendez-vous ainsi que de nombreuses victoires.

Mais aujourd’hui, la F1 est une affaire gérée comme une entreprise. Il faut d’abord être un “team player” puis éventuellement un pilote d’exception. Si Alonso est sans nul doute l’un des meilleurs pilotes de sa génération, il ne brille pas par son altruisme comme on a pu l’observer l’an passé chez Mc Laren. Mais est-il le seul dans ce cas avec des pilotes qui ont tous un égo surdimentionné?

Toujours est-il qu’Alonso doit s’attendre à une saison bien pénible et le spectre de recommencer le même chemin de croix en 2009 doit lui donner quelques sueurs froides. Hier, l’espagnol déclarait au journal Marca: “Il y a plein de facteurs à évaluer en vue de la saison prochaine. Ma première option est de rester avec Renault si nous avons une voiture qui peut gagner. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Nous sommes derrière Ferrari, Mc Laren, BMW et même Toyota et Williams. Je ne veux pas continuer à me battre pour arracher la Q3.”

On peut comprendre Alonso mais on a aussi du mal à imaginer voir Renault revenir soudainement au top la saison prochaine, à moins d’une innovation technologique inédite. Voir Alonso se morfondre en milieu de grille revient à comparer avec un Pauleta ou Rothen jouant le maintien au PSG. Alonso doit peut-être regretter aujourd’hui de n’être pas resté chez Mc Laren. Certes, il y avait de la tension avec Ron Dennis et Lewis Hamilton mais au moins le titre semblait jouable. Aujourd’hui, le grand bénéficiaire n’est autre qu’Heikki Kovalainen, pilote Renault en 2007 et qui a remplacé… Alonso chez Mc Laren cette saison. Le finlandais doit bien rigoler en voyant la dégringolade de l’écurie française.

Pour en revenir à la carrière d’Alonso, quelles sont les pistes qui lui permettraient de rebondir en vue de 2009? Elles ne sont pas nombreuses. Celle menant à Toyota parait incongrue. L’écurie japonais va mieux mais n’est pas en mesure de jouer le titre en 2009. La piste la plus sérieuse est celle de BMW. Aussi incroyable que cela puisse paraitre et selon radio Paddock, Kubica ne serait plus en odeur de sainteté auprès des dirigeants de l’écurie allemande, malgrè un début de saison plus flamboyant que le discret Nick Heidfeld. Ancien espoir de l’écurie Renault, Kubica pourrait donc échanger son baquet en 2009 avec Fernando Alonso et permettre à l’espagnol de jouer le titre. Dernièrement, Pat Symonds, le directeur technique de Renault avouait son grand regret d’avoir laissé filer le polonais chez BMW fin 2005 et laissait entendre que la porte était grande ouverte à un retour de Kubica.

BMW pourrait donc être la piste du renouveau pour Alonso. Les deux parties y trouveraient leur compte: BMW, qui a besoin d’un pilote charismatique et ultrarapide pour gagner le championnat du monde et améliorer une image bien trop austère auprès des fans de Formule 1. Enfin, Alonso retrouverait le chemin de la victoire et, du même coup, éviterait de voir sa carrière finir comme Jacques Villeneuve…

 

 

 

 

 


Répondre

Votre réponse :

Catégories