Au lieu d’un boycott massif des athlètes pour les prochains JO de Pékin, va t-on plutôt assister à une vague d’expulsions des qportifs montrant trop ouvertement leur soutien au Tibet? C’est la menace que fait sentir aujourd’hui les chinois après les derniers incidents relatifs au passage de la flamme olympique.
Jacques Rogge, le président du comité international olympique l’a bien dit hier: les athlètes qui manifesteront ouvertement leur soutien au Tibet lors des JO de Pékin risquent d’être exclu des JO manu militari. En clair, un drapeau affiché à la fin d’une course ou même à l’intérieur de leur chambre au village olympique et c’est le retour direct au pays!
Il semblerait que cette déclaration de Jacques Rogge soit à mettre sur le compte de l’énorme pression exercée par les organisateurs des JO de Pékin après le cahot constaté lors du passage de la flamme olympique, aussi bien à Londres qu’à San francisco en passant par Paris. Selon la charte olympique, les JO interdisent “toute démonstration de propagande politique, raciale et religieuse”. La question est de savoir maintenant quels sont les limites à ne pas franchir selon l’autoritaire gouvernement chinois. Jacques Rogge a ainsi donné l’exemple d’un athlète espagnol qui, lors de son tour d’honneur, porte le drapeau espagnol mais aussi le drapeau de sa province natale. Il juge cet exemple fondé en affirmant qu’il s’agit d’une manifestation de joie et non de propagande. Oui mais alors, imaginons qu’un athlète chinois montre le drapeau de la Chine et du Tibet, comment pourra t-on juger s’il s’agit d’une action apolitique ou de propagande?
Si les athlètes français, sous l’égide du perchiste Romain Mesnil, portent tous les badge “For a better World”, risque t-il l’exclusion des JO? Comment les chinois vont-ils réagir? Lorsque Cathy Freeman remporta la médaille d’or aux JO de Sidney, elle s’afficha ouvertement avec le drapeau aborigène afin de sensibiliser le monde aux problèmes de cette minorité. Il s’agissait d’un acte qu’on pouvait juger comme politique, pourtant elle ne fut pas exclue des jeux.
Encore une fois, à mois de 4 mois du début des JO, le flou artistique règne au niveau du comité organisateur. Le CIO est incapable de définir convenablement jusqu’où les athlètes peuvent aller. Comment les athlètes doivent interprêter le terme “propagande”, que peuvent-ils exprimer pendant les 16 jours des JO de Pékin sans se voir brutalement ramener au pays ou se voir priver d’une médaille olympique gagnée de haute lutte sur la piste?
Nous avons peut-être un début de réponse avec Pete Gardner, qui est le président des athlètes britanniques: “Il y a une différence entre faire de la propagande et exprimer une opinion. Porter un T-shirt encourageant l’indépendence du Tibet, c’est de la propagande. Par contre, si les journalistes posent une question sur le sujet aux athlètes, ils ont, à mes yeux, le droit légitime d’y répondre et d’exprimer leurs opinions. Le CIO doit clarifier tout cela avant le début des JO pour éviter tout malentendu.” Son raisonnement parait cohérent. Mais qu’en pense le gouvernement chinois?
Ping : Les athlètes pro-Tibet bannis des JO ?
Le pire dans cette histoire, c’est que la charte olympique prône aussi l’égalité entre les humains et le respect des droits humains, ce que la Chine semble avoir beaucoup de difficulté à comprendre. Personnellement, être un athlète pour qui cette cause me tiendrait à coeur, je n’hésiterais absolument pas à brandir un drapeau tibétain lors de la cérémonie d’ouverture et ce, pour 2 raisons : 1- Jamais les diffuseurs ne cesseront de télédiffuser en direct la cérémonie d’ouverture pour censurer un tel geste. Les Chinois veulent une visibilité mondiale, ce qui serait contraire à leur but. 2- Jamais une escouade ne se précipitera sur un athlète en pleine cérémonie, car c’est tout simplement impemsable. Le pire qu’il pourrait arriver, c’est d’être exclu des J.O….
Je pense que les Athlètes français ne devraient pas hésiter à porter des badges ou des drapeaux tibétains s’ils en ont envie. De toutes façon, ils ne vont pas ramener beaucoup de médailles, mais au moins, ils quitteraient les JO avec panache !
Guy Drut (maintenu au CIO grâce à l’amnistie de M. Chirac), Jean-Claude Killy (vivant près de Genève depuis 1969) et Henri Sérandour sont les 3 membres pour la France du CIO (tous les trois d’anciens sportifs)
Seul le dernier a droit à mon écoute.
Quelqu’un pourrait-il m’indiquer si au moins l’un de ces membres du CIO s’est exprimé publiquement en français avant le 10 mars 2008 sur les droits de l’homme et peut-être sur ce qui se passe au Tibet ?
Que les médaillés reviennent en France et reçoivent les honneurs qu’ils méritent pendant qu’ils affichent alors leurs convictions, ce sera hors JO !
Que lorsqu’ils saluent la foule avec les mains ouvertes, ils fassent remarquer que, eux, n’ont pas de sang sur les mains !
Pour la réponse du CIO? M. Pete Gardner n’en est pas membre. Et puis tout cela ce sont des finasseries. Ce dont il faut se rendre compte, c’est que la Chine ne veut pas perdre la face. Elle sait que nous savons. Elle ne veut pas que cela soit dit à haute voix.
Pas besoin de craindre trop de réactions de la Chine, le CIO prendra probablement les devants…