Selon un article paru hier dans le “New York Times”, deux blogueurs connus aux Etats-Unis sont morts récemment. Un troisième a échappé de peu à un destin aussi funeste. La cause de ces décès? Le stress, lié à la pratique intensive du blog.
Ils travaillent plus de 14 h par jour, jusqu’à l’épuisement. La plupart sont payés au nombre d’articles écrits et encore, quand ils sont payés… Voici venu l’ère digitale, celle de ses millions de blogueurs qui ont décidé de vivre de leur passion armés d’un ordinateur portable et d’un téléphone multimédia. Bien sûr, devenir blogueur est un choix personnel. Il faut être un accro de l’info, s’investir sans relâche pour traquer le scoop avant le site rival car sur le net, la moindre milliseconde de retard se paie cash. Mais ces derniers mois, quelque chose ne tourne plus rond dans le monde des blogueurs. Un article du New York Times publié hier révèle que deux sont morts de leur passion ces derniers mois.
Il y a deux semaines, Russell Shaw, 60 ans, blogueur pour ZDnet a été foudroyé par une crise cardiaque alors qu’il se trouvait à une conférence technologique à San José. Sa mort s’ajoute à un autre blogueur de ZDnet (décidément), celle de Marc Orchant, 50 ans, lui aussi foudroyé par une crise cardiaque en Décembre dernier. Un troisième homme, Om Malik, 41 ans, a quand à lui survécut à un malaise cardiaque en décembre.
Pas mal de blogueurs se plaignent aujourd’hui des conséquences physiques qu’amène la pratique intensive du blog: la perte ou la prise de poids selon les individus, le sommeil perturbé, l’épuisement voire la dépression nerveuse. Ainsi, le New York Times évoque le cas de Michael Arrington dont tout le monde connait l’immense réussite de son site Techcrunch. Même si Arrington est aujourd’hui millionaire, c’est au prix d’une dégradation de sa condition physique: “j’ai pris 20 kilos en 3 ans, a du mal à trouver le sommeil et me réveille plusieurs fois par nuit. Ma maison est maintenant devenue mon bureau. C’est là ou travaille mes 4 employés. J’ai peur d’avoir un jour une grave dépression nerveuse qui me conduise tout droit à l’hôpital.”
Selon le New York Times, les blogueurs ne gagnent pas encore des fortunes sur le net. Si les revenus moyens tournent autour de 30 000 $ par an, certains s’en sortent mieux que d’autres et arrivent à générer autour de 70 000 $ annuel. Mais à quel prix. La majorité de ses blogueurs ont arrêté toute activité physique ou sociale. Ils passent leur temps devant leur ordinateur à traquer l’information en continue au point de parfois s’endormir d’épuisement. Dans le cas du décès de Russell Shaw, sa compagne explique que la pression était peut-être trop forte: “Il parlait de changer son mode de vie, surtout après la mort de son ami Orchant qui l’avait touché. Je pense que la communauté des blogueurs est en train de prendre conscience des effets néfastes du métier: deux figures importantes sont décédées en quelques mois.”
Outre l’aspect émotionnel et psychique du métier, n’oublions pas qu’en France, la majorité des blogueurs ne gagne pas un centime de leurs écrits. La principale cause étant ces agences de pubs payant au clic et qui abusent avec beaucoup de malhônneteté de la position de faiblesse de ces blogueurs, bien souvent des petits artisans du web. Il serait temps que les blogueurs français se fédèrent vraiment et réflechissent à l’avenir de ce métier à risque, non seulement au niveau financier mais au niveau physique.

[...] Blogueur, un métier qui peut mener à la mortanthonymarechal.wordpress.com/2008/04/07/blogueur-un-metier-… par johnnyutah il y a quelques secondes [...]
Par Blogueur, un métier qui peut mener à la mort le avril 7, 2008
à 3:52