Un article du Figaro en Mai 2007 (City Center, un projet à la démesure de Las Vegas) racontait que Las Vegas s’offrait une seconde jeunesse avec la construction de résidences secondaires sur le strip, le cœur de la ville.
Le milliardaire Kirk Kerkorian qui possède douze hôtels et casinos (Bellagio, Mandalay Bay, The Mirage…) allait proposer début 2010 des appartements luxueux où le prix de départ se situerait à 400 000 euros. Autant dire peu accessible pour le commun des mortels.
1 543 appartements avec prestations hôtelières, 227 appartements situés dans le palace Mandarin Oriental, 674 lofts perchés dans deux tours de verre et 209 appartements de charme seront proposées.
Pour un penthouse, pas moins de 8 millions d’euros. De quoi faire succomber Pamela Anderson qui a été l’une des premières à en faire acquisition.
Ce programme baptisé « City Center », a coûté la bagatelle de 5,2 milliards d’euros et les experts comptaient sur l’engouement des étrangers pour Vegas pour représenter le quart des acquéreurs.
Une bonne affaire assurément puisque même Georges Clooney décidait d’investir dans la construction d’un autre complexe d’appartements proche du « City Center ».
Oui mais voilà. Depuis l’article du Figaro, la crise est passée par là, la bulle immobilière a explosé outre-atlantique, déclenchant une épidemie de saisie.
Kirk Kerkorian lui-même fut le premier à avoir des doutes concernant la valeur réelle de l’immobilier à Las Vegas. C’est d’ailleurs son projet d’offre — particulièrement généreuse — qui avait conduit les analystes à réévaluer le prix du mètre carré à la hausse, constructible sur le Strip .. alors que les environs de la ville se parsemaient de lotissements ne trouvant plus preneur. Depuis 2007, les prix à l’immobilier à Las Vegas ont chuté jusqu’à 80% de leur valeur. Une maison achetée 300 000 $ il y a deux ans ne vaut plus que 60 000 $ aujourd’hui. Cela parait incroyable mais c’est pourtant la réalité. C’est tout juste si la maison n’est pas donnée !
De manière tout aussi utopique qu’à Dubaï, les promoteurs immobiliers misaient sur les bobos de Los Angeles, s’offrant à grand frais et à moins de 4h de route une résidence secondaire en plein désert, avec 300 jours de soleil par an garantis et “vue sur casino” — ce qui, pour succomber à la tentation d’un calembour très couleur locale, constituait un beau… Mirage (publicité gratuite pour M. Kerkorian).
L’immobilier américain a encore été sévèrement touché au mois d‘Octobre avec des départs de chantier qui ont chuté de 10.6% par rapport à septembre 2009. Las Vegas est à ce jour la 5me ville des Etats-Unis la plus touchée par la crise économique.
Alors quels seront les gogos en mesure d’acheter ces lofts hors de prix au milieu du désert? Des célébrités ? Des acteurs d’Hollywood ? Même pas sûr si l’on se réfère, par exemple, aux derniers déboires de Nicolas Cage (d’ailleurs récompensé d’un oscar pour… Leaving Las Vegas !) forcé de se débarrasser de son patrimoine immobilier.
